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Vers les formations en entreprise 2/4-Arrière anthropopithèques, laissez passer la science !

Vers les formations en entreprise

2/4-Arrière anthropopithèques, laissez passer la science !

On peut le regretter mais au cours des âges, l'enseignement des humanités à dû faire quelque place aux sciences et aux techniques. Cela n'a pas toujours été un succès pour l'humanisme, ni pour le progrès.

Nous sommes en un temps qui appelle une redistribution continue de l'enseignement, de ses contenus, de ses tâches, de la répartition des responsabilités, nécessaire pour assurer une cohérence des effectifs des filières, des enchaînements chronologiques.

Il semble y avoir maintenant un consensus pour reconnaître l'importance et les mérites de l'école maternelle.

On sait qu'il faut commencer tôt l'éducation des enfants et que le développement du cerveau humain est plus lent que celui des autres animaux. Chaque connaissance génère un développement cérébral qui prépare des capacités d'acquisition pour des connaissances nouvelles. La fonction crée l'organe et l'organe crée la fonction en un processus itératif.

Il ne faut pas s'étonner que les idées soient toujours plus floues et plus diverses quand il s'agit de l'enseignement élémentaire. Et l'on pourrait même dire que depuis les temps du préceptorat, il en a toujours été ainsi. Interrogé pour savoir comment il comprenait les « leçons de choses qui ont pour fin de donner aux enfants une première idée de la nécessité extérieure », le professeur de philosophe Alain (1868-1951) avait répondu que « les leçons de choses doivent être mathématiques et géométriques. »

On ne parle plus guère de leçons de choses aujourd'hui alors que les « choses » de notre vie ont augmenté en nombre, en complexité, en capacités, en pluridisciplinarité.

Selon Alain c'est ici que devrait s'appliquer « la forte maxime de Confucius »  selon laquelle « La science a pour fin de connaître l'objet ; quand l'objet est connu, la science est faite.»

La vie est désormais faite de manipulations d'objets. Pour bien les manipuler, il faut d'abord bien les connaître. Pour bien les connaître il faut les avoir vus de près et même touchés. Et si on peut en voir et manipuler de loin par voie électronique on ne peut pas encore les toucher à distance. Même les purs esprits devront convenir qu'il devient inéluctable qu'une part croissante de la formation, pratique et théorique, soit acquise sur le lieu d'emploi des matériels et donc en entreprise.

La Mère-Patrie doit être bonne mère selon l'idée de Victor Hugo :

Oh ! L'amour d'une mère !... Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier !

Il nous faudra quelque peu changer nos idées directrices et nos habitudes pour apaiser les frustrations des « mal aimés »de la société et modérer les prétentions des « privilégiés ».

Chacun vit dans l'attente de l'action de quelque autre acteur qui attend des jours meilleurs.

Les entreprises attendent que l'état satisfasse en temps voulu tous leurs besoins en personnel prêt à l'emploi.

Les individus attendent qu'une économie naturelle et spontanée, encore fondée sur la cueillette, produise des emplois en nombre illimité, intéressants, exempts de contraintes, bien rémunérés, inaliénables, immédiatement accessibles en tout lieu de leur choix.

Les syndicats s'accrochent à leurs acquis comme berniques à leur rocher. Ce n'est guère favorable à la mobilité des institutions et des hommes que les économistes et les entrepreneurs réclament sur l'air des lampions.

Le pouvoir politique tente d'instaurer un accord des parties prenantes de notre société multipolaire. Mais les alternance politiques et doctrinales mettent en concurrence deux conceptions antinomiques, libérale ou dirigiste, qui s'entremêlent et ne s'établissent jamais tout à fait.

Le temps est sans doute venu de faire entrer dans les intentions et les pratiques :

  1. -Plus de science dans les enseignements et formations de base ;

  2. -Plus de précision et d'allègements dans la définition des missions institutionnelles ;

  3. -Plus de contacts directs entre les entreprises et les candidats à l'emploi ;

  4. -Plus de recrutements sur critères de potentialités que sur des acquis ;

  5. -Plus de délégations aux entreprises ou groupements d'entreprises pour dispenser, post-recrutement et sous leur responsabilité, des formations ou enseignements qui leur sont spécifiques ;

  6. -Plus de contrôle des contenus et de la qualité de l'exécution.

C'est un vaste programme qui, contrairement à Athéna, ne pourra sortir tout armé de la tête de Zeus, alias Jupiter.

Sans nous prendre pour un Demi-Dieu, nous lancerons ici une bouteille à la mer pour suggérer une esquisse d'organisation propre à améliorer l'insertion professionnelle et sociale des relégués de la société .

Pierre Auguste

Le 29 mai 2019

 

 



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