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Vingt-et-une leçons. Liberté, liberté chérie.

Vingt-et-une leçons. Liberté, liberté chérie.

 

La troisième leçon du livre de Yuval Noah Harari place l'intelligence artificielle au premier rang des défis auxquels est confrontée l'humanité. Après en avoir fait une caractéristique dominante de l'évolution du travail, il revient sur ce thème dans la leçon sur la liberté.

 Il semble que nous soyons là sur une idée fixe, peut être même sur un phantasme.

 Nous sommes déjà en garde contre l'automatisation des matériels et les risques de leur pénétration par l'intelligence artificielle. C'est dans la continuité de l'évolution de la technologie, notamment des transports et des communications, que nul ne pourra arrêter. Le mammifère humain est en quête perpétuelle d'améliorations. Il ne veut jamais se priver des progrès. Il espère toujours trouver le moyen d'en réduire les inconvénients.

 Après avoir fait le tour de tous les experts de la création, YNH s’inquiète de la constitution progressive d'un Big Data qui s'intéresse surtout à l'être humain, à ses idées, à ses opinions politiques, à ses émotions, à ses passions, à ses comportements.

 Chacun en son domaine craint la multiplication des objectifs déviants, des manipulations , des pratiques abusives qui nous conduisent implacablement vers le despotisme et la restriction des libertés.

 Toutes ces calamités potentielles paraissent bien exagérées quand on considère les moyens juridiques, politiques ou physiques dont dispose le commun des mortels pour s'opposer aux nuisances et à l'arbitraire.

 Les fameux algorithmes doivent toujours être « implémentés » dans des systèmes physiques. Tous les supports matériels et logiciels qui peuvent nuire à la vie des hommes peuvent faire l'objet de spécifications, de normalisations, de certifications de « navigabilité » et à des contrôles de conformité comme le sont par exemple les matériels aéronautiques.

 Mais comme toujours, la loi sera toujours en retard sur les pratiques et pour toute innovation, il faut bien que quelqu'un assume les risques et que d'autres « essuient les plâtres. »

 On nous annonce que la télévision permettra un jour à Big Data d'observer le téléspectateur et n'ignorera rien de ses émotion, de ses opinions, de ses fréquentations, de ses habitudes. Mais nul ne sera obligé d'acquérir le matériel ad hoc et de faire de l'exhibitionnisme. Et chacun aura toujours la possibilité de couper l'alimentation des matériel espions.! Il ne tiendra qu'à lui de constituer son environnement et de rester libre de ses liaisons externes.

 Mais une maladie nouvelle menace ce pauvre Homo Sapiens déjà perclus de dépendances. C'est l'addiction aux moyens modernes de communication. Elle sévit déjà chez les porteurs de téléphones portables. On lui connaît déjà deux noms : La Nomophobie et l'Adikphonia.

 Les Psy se frottent les mains. Ils ont du travail en perspective.

Les physiciens se grattent le front et s'interrogent : Comment matérialiser la psyché humaine ? Ils préfèrent que l'existence précède l'essence.

 Déjà Alphonse de Lamartine (1790-1859) s'interrogeait :

« Objets inanimés avez-vous donc une âme,

Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ? »

Que dirait-il des objets qui s'animent ?

Chacun dans ce monde de rêve est un peu poète, un peu philosophe, un peu médicastre de la politique. Les candidats au despotisme seraient bien inspirés de méditer sur les moyens que peuvent se donner les citoyens pour mettre fin à des abus.

 Rien ne sera plus comme avant, après cette guerre fratricide qui oppose aujourd'hui les jaunets d'exécution et les jeunots de direction.

 

Pierre Auguste

Le 23 janvier 2019

 

 

 

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