Enligne : Editos

Vingt-et-une leçons. Terrorisme-Guerre

Vingt-et-une leçons. Terrorisme-Guerre

 

Le citoyen vient de se redécouvrir en élément du peuple souverain.

Il avait oublié que chaque temps a ses abominations publiques et que certaines sont pérennes. Ainsi en est-il pour le terrorisme qui ne varie que dans ses motifs et ses modes d'action. Chaque génération n'innove guère que par son vocabulaire.

Nul n'est besoin de tendre l'oreille pour entendre les mots que le quidam croit devoir opposer aux maux qui perturbent ou menacent la société.de promiscuité, dite de proximité.

Tout le monde est appelé à donner son avis sur tous sujets. Entrez dans la danse des mots, par ordre alphabétique pour ne rien oublier. La dominante est démocratique. : communication, concertation, consultation, diffusion, élection, publication, rassemblement, représentation, scrutin, sondage, transparence, rythme, vote... C'est la polka du roi républicain.

Machiavel doit se retourner dans sa tombe. Lui, qui a tout dit de la politique, a déclaré que « Rien n'est plus digne d'un capitaine que de savoir deviner les desseins de l'ennemi. » La remarque est valable pour tous les niveaux de la hiérarchie et aussi pour l'individu, ou le groupe, qui veulent nuire et pour qui veut les en empêcher.

Même avec une lunette équipée d'un zoom temporel bien ajusté, il est vain et un peu ridicule de spéculer aujourd'hui pour le siècle sur les desseins malfaisants de gens qui ne sont pas encore nés !

Place au réel et au concret.

Le bon sens élémentaire voudrait que certaines élites, et avec elles le bon peuple, s'abstiennent de débattre en public de certains sujets , de communiquer, de publier des observations sur nos craintes, nos peurs, nos épouvantes, qui pourraient donner des idées de nuisances aux terroristes et ennemis d'aujourd'hui, qui d'ailleurs n'en manquent pas.

Pour en venir plus précisément au livre de Yuval Noah Harari, il ne me paraît guère être de bonne guerre de diffuser des chiffres sur nos pertes en vies humaines et de ratiociner à la face du monde sur l'importance que nous leur accordons. Il faut être fou pour divulguer toutes ses intentions.

Je n'en dirai pas plus sur cette dixième leçon. Me souvenant de la pratique du rugby, j'en profiterai pour botter aussi en touche sur la onzième leçon sur la guerre qui, elle aussi, est pleine de rebondissements. Je ne commenterai pas cette leçon. Je ne vois pas bien comment je pourrais formuler le moindre avis sur cet abrégé des entrelacs de l'histoire du monde. Je ne me prends pas pour Tite Live !

J'ai, chevillée au corps, l'idée selon laquelle il faut traiter sérieusement les choses sérieuses. De nos jours, quand règne la complexité, rien ne peut être fait isolément par le souverain, ni directement par le peuple souverain sans passer par des experts dûment formés, reconnus, informés, mandatés, disponibles, consentants, discrets. 

Comme l'écrit YNH, « il ne faut pas sous-estimer la bêtise, individuelle ou collective. L'individuelle m'inquiète. La collective m'épouvante.

Au fond, en démocratie il faut que chacun se contienne en se rappelant ce que dictait à Fanny le César de Pagnol dans sa lettre à son fils Marius embarqué sur un navire océanographique :« Et quand ça devient trop profond, laisse un peu mesurer les autres ! »

Je vais vous faire une confidence. Si quelque trouble de santé me préoccupe, pour me soigner je ne fais pas appel à la vox populi, ni à la littérature. Je consulte un médecin. Et peut-être l'avez-vous remarqué, les médecins n'aiment pas qu'on leur prescrive les médications à prescrire.

 

Pierre Auguste

Le 13 mars 2019

 

 

 

 



4297