Enligne : Editos

Vingt-et-une leçons. Nationalisme

 

 

Chacun compte les semaines à sa manière.

Cela fait sept semaine que je tente de satisfaire cette promesse de donner un avis sur le livre de Yuval Noah Harari qui me fut offert à Noël. Comme on dit de nos jours, et de nos semaines obstinées, j'irai jusqu'au bout.

Après avoir lu ce premier tiers de l'ouvrage je m'interroge pour savoir à qui cette septième leçon sur le nationalisme peut bien être destinée.


 

Les tenanciers du pouvoir savent tout. Les nationalistes ont des idées bien arrêtées et ne sont pas près d'en démordre. Les mondialistes y voient des motifs de guerre, des sources de repli, des perspectives de régression et de misère. Les nihilistes ne croient en rien et se refusent à toute leçon. Ils voient dans la destruction une passion créative.

En poursuivant ce renouveau du monde annoncé à son de trompe par YNH, j'ai la vague impression que cette septième leçon n'a pas grand chose à nous apprendre. Le septième jour de la création appelle toujours le repos.

Voilà que défile à nouveau le défi de l'apocalypse nucléaire !

Moi qui ai quelque peu vécu cette histoire, je vais sans doute étonner quelques jeunes étourdis.

Dîtes le leur avec précaution, le défi de l'apocalypse nucléaire a été relevé dès son apparition, il y aura bientôt trois quarts de siècles.

C'était à Hiroshima le lundi 6 août 1945 et à Nagasaki le jeudi 9 août 1945.

On se demande aujourd'hui si c'était nécessaire d'en venir à de tels moyens. Je peux témoigner que ce fut une grande joie de voir par là prendre fin la deuxième guerre mondiale. Mis à part quelques essais plus ou moins adéquats, l'humanité n'a jamais renouvelé ces atrocités et a appris à vivre avec cette potentialité destructrice.

Nous savons depuis longtemps qu'il vaut mieux pour un pays:

  1. être parmi les détenteurs de l'arme dite suprême ;

  2. en éviter la prolifération,

  3. contrôler faits actes et rodomontades d'éventuels irresponsables ;

  4. Se garder d'offenser les exclus du club des nations sages ;

  5. S'abstenir remettre sans cesse ce sujet en débat ;

  6. Maintenir l'instrument en état de veille active et vigilante.

Exit l'apocalypse nucléaire. La question ne sera pas débattue ici. La leçon sera rendue à sa caducité.

YNH fait remarquer avec juste raison que le nationalisme n'a pas la solution pour relever le défi technologique. Si tant est que l'évolution technologique soit un défi, elle doit s'inscrire dans la continuité des acquis et ne saurait devenir une exclusivité de quelque nation que ce soit.

La « disruption » technologique manque de disrupteurs  et faute de de s'adonner au totalitarisme, les disrupteurs se font vite casser les reins ou supplanter par la concurrence !

Certes le savoir et la recherche scientifiques n'ont pas de patrie et malgré les protections de la propriété des savoir-faire, nul ne peut en endiguer les pratiques.

Il est légitime que la nation s'instaure en conservatoire des intérêts de ses ressortissants. Il est impératif qu'elle ne se dégage d'aucune activité afin de conserver des moyens d'action pour satisfaire ses besoins vitaux en toutes circonstances dégradées. Elle doit procurer au citoyen des moyens d'existence en lui donnant le goût et la capacité de se rendre utile.

Il s'agit de trouver une juste assiette entre un nationalisme réducteur et un mondialisme prédateur.

YNH termine sa septième leçon sur la métaphore du Vaisseau Spatial Terre qui n'a pas de pilote titulaire, a de nombreux équipages mais dont nul ne sait la destination ni l'itinéraire. La comparaison pourrait être utile à condition de la conduire « jusqu'au bout » et de ne pas oublier la météorologie cosmique, les risques de collision avec des corps célestes, les mouvements de magma à fond de cale...

Il est fort étonnant que le maître n'ait pas songé à se préoccuper de l'évolution du nombre des passagers. Entendez par là qu'il me paraît manquer à l'ouvrage une étude sérieuse sur la démographie mondiale.

Ceux qui font profession de nous montrer le chemin semblent avoir bien ancrée en leur intellect l'idée selon laquelle l'humanité serait en expansion exponentielle. La planète serait vouée aux ravages d'un genre humain pléthorique menacé d'asphyxie, de famine, de chaud, de froid, de sédentarité, de malheurs apocalyptiques.

Peut-être avez-vous comme moi lu qu'une récente étude annonce que le nombre des humains va non seulement cesser de croître mais va entrer en forte récession numérique globale par suite du progrès de l'éducation et de l'évolution des mœurs, de la régression de la mortalité infantile.

Nous ne tarderons pas à y revenir quand viendra la leçon sur l'immigration.

Combien de temps faudra-t-il aux augures du malheur pour amender. leursthéories ?

Top chrono !

 

Pierre Auguste

Le 20 février 2019

 

 

 


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