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Transition énergétique. Du rêve à la réalité

Transition énergétique. Du rêve à la réalité

 

Ainsi donc la transition énergétique vient de voler en éclats managériaux et financiers. Elle fut rêvée par nos écologistes éthérés. Elle fut mise en programme par nos fiscalistes parlementaires en recherche de subsides. Elle a vécu sous la férule de nos bureaux bercyniens et dans les riches terres de la République où s épanouit notre corps d'inspecteurs des finances. C'est un végétal, tout aussi ubique en France et portant autant de jolis noms que le lotier corniculé, dit notamment petit sabot ou pantoufle du petit jésus.

Voilà ce qu'il en coûte de renoncement quand le pouvoir veut faire comme d'habitude en ignorant que le citoyen veut vivre aujourd'hui pour n'être pas mort demain !

Pourtant nul ne peut ignorer que le peuple voit toujours se désister les plus riches. Et que le système se rabat sur les multitudes pour assurer ses financements.

Le programme de transition énergétique fut échafaudé dans le cadre d'une immense ambition par laquelle on prétendait tout faire en même temps. C'était oublier que le temps c'est de l'argent et que cela ne pouvait se terminer que par des lacunes, des déficits, des dettes, des retards, des mécontentements.

Les médias nous disent que le pouvoir n'a rien vu venir. C'est un constat de carence d'une profession chargée d'informer le peuple souverain et se pique d'aiguillonner le monde politique. Cette imprévision est coutumière des dirigeants qui ne lisent guère que les productions de leurs pairs ou de leurs « nègres » et prospèrent par la mise en tutelle des masses.

Les uns et les autres eussent pu considérer les choses autrement s'ils avaient lu les modestes écrits par lesquels nous tentons de prévenir quelques fourvoiements, offenses aux réalités , ou sous estimations de difficultés.

Faut-il s'en étonner ? Le pouvoir politique vient de se casser les dents en incitant le quidam à changer de conduite, à changer de voiture, à financer ses pulsions velléitaires !

La transition énergétique est un vaste problème technique qui ne saurait instaurer une situation en rupture avec l'histoire ou avec la science. Je crains que la fièvre jaune actuelle qui bouleverse encore les esprits, met à mal l'économie, multiplie palabres et calicots, ne suffise pas à faire admettre au mouvement écologiste et aux partis politiques que la transition énergétique a toujours animé l'humanité. Elle n'est pas près de s'éteindre et ne peut être prédéterminée ni dans son contenu qui dépend des progrès, ni dans son calendrier qui est soumis aux aléas de l'exécution.

Les tenants des pouvoirs publics semblent n'avoir pas encore perçu que les ingrédients qui les ont mis en déroute dans leur approche de la transition énergétique produiront des effets encore plus calamiteux dans toute éventuelle approche à partir du logement.

Nous oserons leur recommander de lire ou relire les cinq textes sur la politique du logement que nous avons publiés ici-même au mois d'août dernier.

Nous ne les résumerons pas. Comme Georges Brassens disait de sa belle :

« Tout est bon chez-elle y a rien à jeter. Sur l'île déserte il faut tout emporter. »

En voici quand même les titres : Politique du logement. 1-Constater la médiocrité. 2-L'impossible expression des besoins. 3-L'évolution des techniques. 4 Complexité. Fiabilité. Maintenance. 5-Des intentions à l'exécution.

Le thème du transport et des taxes sur le carburant a mis la France reléguée en ébullition. En persévérant dans la coercition sélective sur le thème du logement et de la transition énergétique on va ressusciter Fouquier-Tinville !

Les divinités et leurs religionnaires aspirent à faire notre bonheur contre nous-mêmes. Ils doivent mettre pieds sur terre, ne pas piétiner le commun des mortels, mesurer leurs propos, ajuster leurs bésicles et leur lorgnette pour considérer le passé , le présent, l'avenir proche et l'avenir lointain.

Pour égayer et réchauffer un peu l'ambiance ils pourraient par exemple répéter aux anciens en fin de vie de rénover leur logement, à ceux qui sentent venir les atteintes de l'âge de déménager, pour réduire leurs emprises et leurs dépenses.

Pour s'attirer les bonnes grâces de l'électorat ils pourraient affirmer que nous avons un tissus de petites entreprises compétentes prêtes à toutes études et à tous travaux de rénovation de l'habitat et de son équipement.

Pour caresser les banquiers dans le sens du poil et encourager la construction immobilière, ils pourraient aider les professionnels du bâtiment à reconduire le système des « subprimes » qui a fait des merveilles en 2008.

À nos élus qui n'ont pas encore compris que leur transition énergétique sera plus longue, plus coûteuse et plus aléatoire dans les faits que dans leurs rêves, il faudra rappeler qu'à Marseille on a vu s'écrouler un bâtiment sur des gens qu'en dix ans nul n'avait su loger ailleurs, ni déloger par les voies du droit.

Observons enfin cette bizarrerie selon laquelle une part de l'humanité s'alarme d'une élévation de la température terrestre et semble indifférente aux avis de certains savants qui estiment encore possibles des périodes glaciaires d'origines cosmiques ou tectoniques. Certes Einstein a déclaré que Dieu ne joue pas aux dés. Mais tout porte à croire qu'il joue au flipper et aime observer les feux d'artifice.

Les savants nous disent que l'homme de Neandertal s'est éteint faute de gibier raréfié par le froid. L'homo sapiens aurait survécu grâce à son régime plus omnivore.

À la question de savoir si l'homo sapiens d'aujourd'hui survivrait à une période glaciaire, la réponse est « oui car il est inventif. » Mais nul ne nous dit comment il procéderait.

Eh bien, moi je vais vous le dire : C'est par l'emploi massif de l'énergie nucléaire que les sages auront réussi à conserver, à développer, à améliorer et à garder en réserve...sous les pieds.

Je veux que les pauvres n'aient plus peur de se les geler.

Si j'étais Jupiter, je ferais reprendre à zéro cette fichue transition énergétique qui semble avoir été concoctée par tous les diables de tous les enfers. Et l'enfer blanc est sans doute le pire.

Si les instituteurs de nos gouvernants devaient noter leurs élèves, ils inscriraient à l'encre rouge sur la copie relative à la transition énergétique :

Travail incomplet et bâclé. À refaire !

J'en connais qui sont menacés d'en faire une jaunisse.

Je vous souhaite à tous de passer un bon Noël blanc aux tisons.

 

Pierre Auguste

Le 19 décembre 2018

 

 

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