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Stages. Diversités et disparités

STAGES. DIVERSITÉ ET DISPARITÉS.

 

 

 

Si l’on en croit les lexiques, le stage a commencé sa carrière dans les professions ecclésiastiques. Les professions de foi. Le stage fut d’abord la résidence obligatoire de six mois que devaient faire dans leur église les nouveaux chanoines, avant de jouir des honneurs et des revenus attachés à la prébende. Le stage est donc une affaire sérieuse.

Le stage a poursuivi son chemin chez les robes noires en passant du clergé à la Sorbonne et au barreau qui en a fait une période probatoire à l’exercice de la profession d’avocat.

La tenue s’est diversifiée et démocratisée. On rencontre maintenant des stagiaires en costume noir trois pièces, en bleu, en boubou, en « blou-blou » (bluejean-blouson),... Les austères robes noires ont fait place à la polychromie. La diversité vestimentaire accompagne la multiplicité des finalités, des contenus, des statuts.

Chaque profession a maintenant ses stages quelle organise avec plus ou moins d’efficacité.  Comme une bille tombe toujours au fond d’un bol, chacun retombe en ses habitudes.

L’esprit pédagogique voit dans le stage une partie intégrante des enseignements initiaux. De sa chaire, le pédagogue se fait une idée de la vie professionnelle quelque peu découplée des réalités auxquelles seront confrontés ses élèves. Il aspire à définir seul les contenus, à choisir les entreprises et institutions d’accueil, à faciliter.la conduite de l’exercice par l’uniformisation des filières, des statuts, des règles administratives et juridiques qui doivent être aux parties prenantes.

C’est ainsi que les petites entreprises sont très souvent exclues du champ des possibles. Elles se voient reprocher de ne pas offrir des parcours types, d’ouvrir des perspectives non conventionnelles supposées trop aléatoires. C’est pourtant dans les petites et moyennes entreprises qu’une embauche a les plus grandes chances de succéder à un stage car là que se trouve le plus grand potentiel économique global.

Les stages de débuts professionnels dans les grandes structures peuvent être enfilés comme des perles sans déboucher sur des emplois. Le risque n’y est pas moindre pour le stagiaire d’être considéré comme un supplétif bon marché, à faible espérance de vie professionnelle.

La diversité est inévitable, souvent nécessaire. Mais il ne faut surtout pas confondre diversité et disparité. Il est désastreux pour le moral du personnel d’une entreprise de confier en son sein les mêmes tâches à des individus placés sous des statuts différents. La disparité entretient des guerres intestines qui finissent par échapper à tout contrôle.

Le stage de fin de formation initiale est aussi une phase introductive à la vie professionnelle. Il tend à devenir un passage obligé de tous les parcours professionnels.

En l’absence de « normalisation » et d’organisation générale, la confrontation des offres et des demandes repose sur l’initiative privée. Très tôt, nous avons inséré les stages dans les processus de nos sites dévolus aux recrutements nationaux et internationaux.

Candidats et entreprises y bénéficient d’un dispositif permettant des économies d’échelle, des synergies qui accoutument les jeunes aux procédures de recrutement.

Notre dispositif est ouvert à toutes catégories de stages quelles que soient leur nature, leur finalité, leur position géographique et chronologique, leurs conditions de financement.

Aujourd’hui de nombreuses catégories de stages succèdent aux stages de formation initiale. Chacun peut s’y perfectionner, se spécialiser, s’ouvrir à d’autres techniques, se recycler pour suivre les évolutions de « l’état de son art ».

Il est inéluctable qu’une « industrie du stage » prenne le relais de l’enseignement de masse et s’étende à toutes les professions. La diversification et la prolifération des besoins supposeraient la multiplication offres. Mais nul dirigisme institutionnel ne saurait confronter, fédérer, contrôler, coordonner ce qui peut apparaître comme des chapelles.

Il faudrait extraire, tailler, assembler trop de pierres, et investir trop de temps, pour construire une cathédrale à l’usage des stages et des stagiaires. Et il faudrait trop de chanoines et de prébendes pour lui donner vie.

 

 

Pierre Auguste

 

Le 26 décembre 2012

 

 

Voir notamment nos sites :

http://www.alternance.enligne-fr.com

http://www.apprentis.enligne-fr.com

http://www.stages.enligne-fr.com

http://www.formations.enligne-fr.com

 

 

 



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