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Pour une nouvelle signalétique routière

POUR UNE NOUVELLE SIGNALÉTIQUE ROUTIÈRE


Nous avons été stupéfiés d’apprendre que des routiers au volant s’adonnent aux jeux vidéo ou regardent la télévision.
La profession tente de nous rasséréner en disant que ce sont là des agissements marginaux à ne pas amalgamer avec la majorité des comportements virginaux.
Assurez-vous bien et partez rassurés.
Nous connaissions déjà l’impatience, la désinvolture, l’arrogance, l’imprudence de certains conducteurs. On en voit qui voudraient effacer autrui à coups de klaxon, comme par des clics de souris de leur ordinateur.
Nous savions déjà que ceratains considèrent la route comme leur propriété et semblent ne vouloir y tolérer que des confréries dûment estampillées.
Les camions roulent en constituant deux murs continus qui ôtent toute visibilité et toute possibilité de manœuvre aux autres usagers. Plus ils sont gros, plus ils font de l’esbroufe, obligeant les petits gabarits à céder le milieu, les bords et le haut du pavé. Personne ne semble connaître la signification des limitations de vitesse qui sont empilées à l’arrière des véhicules. Et tout le monde peut les lire, sauf celui qui est au volant !
L’usager moyen souhaiterait qu’on lui laisse un peu de place. Certes, il ne sait pas toujours très bien ni où il est, ni ou il veut aller. Il circule occasionnellement sur des parcours dont la signalisation est faite pour les habitués.
Les pouvoirs publics s’ingénient parfois à compliquer les choses en adoptant ou en autorisant des utilisations de la voie publique à des fins changeantes. Quiconque se risque hors de ses itinéraires connus est censé savoir que telle voie est fermée précisément ce jour là pour travaux, pour manifestation sportive, pour manifestation politique, pour vide grenier, pour action humanitaire, pour festivités…
Et pendant ce temps, la signalisation continue à diriger l’ignorant et le béotien vers des impasses et des parcours devenus impossibles.
Tout le monde peut l’observer, les nouvelles technologies bouleversent nos habitudes et remodèlent notre environnement. Souvent de manière inattendue, parfois de manière consternante. S’il est un domaine où des progrès sont possibles c’est bien celui de la signalisation routière ou urbaine.
Déjà, le GPS rend d’appréciables services. Désormais, le nomade averti trouve mieux son chemin, accroît ses chances de ne pas manquer ses rendez-vous, peut prévenir de ses retards ceux qui ont horreur d’attendre.
Mais plutôt que de faire pénétrer dans les véhicules des applications informatiques qui n’ont rien à y faire on serait mieux inspiré d’y présenter des informations en liaison directes avec la sûreté du voyage ou du déplacement.
Il est bienvenu pour la sécurité que le GPS présente au conducteur la vitesse limite applicable en chaque instant sur son itinéraire et signale les dépassements.
D’autres informations pourraient être fournies soit par les logiciels embarqués, soit par lecture automatique des panneaux rencontrés. On s’apercevrait à l’occasion de la mise en place de tels systèmes :   

  • que les panneaux ne sont pas tous lisibles notamment quand ils sont occultés par un poids lourd ;
  • que les prescriptions sont souvent incohérentes, ininterprétables, obsolètes.

L’informatique finira par imposer une rigueur dans la définition et dans la mise à jour que personne aujourd’hui ne sait obtenir.
La diffusion des informations relatives à cette signalétique nouvelle est déjà possible par les techniques actuelles de traitement et de diffusion des signaux.
La présentation par projection sur le pare brise ferait rentrer le panneau d’affichage dans le véhicule. Le conducteur pourrait se consacrer à la conduite et à la surveillance des mouvements relatifs de son environnement.
Les pouvoirs publics y trouveraient voie et matière pour affiner les contrôles, étayer la prévention et faire surgir de beaux et bons et emplois.

Pierre Auguste

Le 9 janvier 2008

 



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