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Politique du Logement. Entre démesure et exiguïté.

Politique du Logement. Entre démesure et exiguïté.

 

En notre fier pays, nous vivons dans le péché bureaucratique. Nul bureaucrate n'en confesse la faute.

Liberté, égalité et fraternité sont à l'œuvre. En principe. Mais la fatalité, le rêve, les réalités et le temps qui passe se jouent des intentions de l'homme et de ses principes.

Il y a environ deux ans nous avons publié ici quelques observations sur la définition et la mise en œuvre d'une politique du logement cohérente.

Nous avons tenté de communiquer notre conviction selon laquelle l'évolution des modes de vie, la longévité, le bouleversement des structures familiales, la recherche du confort, l'impératif de sobriété, la volonté de prospérité économique pour ménager la nature, l'ouverture des frontières s'opposent ou s'allient pour accroître les besoins d'espace nécessaires pour loger convenablement les hommes.

Comme les causes engendrent d'autres causes, l'habitat a besoin de plus d'espace durant les travaux destinés à aménager plus d'espace !

Les actions requises pour combattre les ravages du dernier virus bouleversent la terre entière. Elles ne pourront inhiber l'expansion des besoins en espaces libres nécessaires à la survie de l'humanité.

On entend ici et là des dirigeants tenter de se soustraire à la responsabilité de leur imprévision en prétextant que nul dirigeant n'était prêt à faire face à un péril que personne n'a vu venir.

Ce déni de responsabilité ne paraît guère recevable à ceux qui, comme moi ici, évoquent souvent les cavaliers de l'apocalypse pour stigmatiser ceux qui veulent reléguer dans l'oubli quelques-uns des périls improbables mais toujours possibles qui menacent l'humanité.

Par quel déterminisme divin notre planète serait elle désormais à l'abri des pandémies, des accidents tectoniques gigantesques, des collisions cosmiques, des ères glaciaires... qui l'ont frappée, tourmentée ou façonnée au cours de sa longue histoire ?

Par quelles arguties les dirigeants de demain pourront-ils expliquer à leurs électeurs pourquoi il n'ont pas vu naître et enfler la vague démographique qui apparaît déjà à l'horizon.

Pour ce qui concerne le logement, la première source d'erreur est celle du nombre. C'est loin d'être la seule. En ce domaine comme en tout autre, l'erreur est humaine et peut entacher chaque programmes sur la quantité, la qualité, la grandeur, la situation, le statut, la chronologie de la construction et de la mise disposition,.

Chaque acquéreur, chaque détenteur comme on dit voit midi à sa porte.

Le grand propriétaire rêve d'ajouter des étages. Le marchand de sommeil ne raisonne guère qu'en grands mètres carrés et en petits Euros. L'acquéreur et le locataire s'attachent aussi aux commodités.

Augmenter par quelque artifice l'espace d'un taudis risque de n'aboutir qu'à la production d'un grand taudis.

Entre la mesure et la démesure tous les excès sont pratiqués. L'observateur éclairé sait que le laisser faire et le dirigisme ont chacun leurs travers. Il est vain de vouloir tout régenter et tout normaliser. Et il est dangereux de donner libre cours à tous les appétits.

 

Pierre Auguste

Le 20 mai 2020

 

 



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