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Politique du logement 5-Des intentions à l'exécution

Politique du logement

5-Des intentions à l'exécution

 

Nos jeunes nouveaux gouvernants croient tout savoir. Mais ils ne savent pas qu'ils prennent à l'envers la question du travail, de l'emploi et de la formation.

Il faut leur dire, mais avec précaution, que la résolution de ce vaste problème n'est pas d'abord dans les statuts, les procédures les structures qui les ont occupés une année entière. Ils commencent un deuxième tour qu'ils n'ont pu faire en même temps que le premier !

Le logement est un besoin pérenne, universel. Pour équilibrer une gestion d'ensemble, il faut favoriser une circulation ascendante des êtres et des familles dans la diversité du patrimoine immobilier existant ou en devenir.

Dans un premier temps, et ensuite continûment, le problème est dans la nature des besoins à satisfaire et requiert la définition des produits et services ainsi que les contenus du travail qui leur sont associés.

Il est hors de question d'aborder ici ce vaste sujet en tous ses aspects. Nous avons souligné la médiocrité d'une large partie de notre patrimoine immobilier et sa complexité croissante, notamment technique et sociale.

Nous n'aurons pas la prétention de nous immiscer dans les grands travaux ni les activités des grands groupes de l'immobilier. Ces derniers sont bardés de bureaux d'études, bardés eux-mêmes d'experts de toutes catégories bardés de diplômes.

Plus modestement, mais résolument, nous ferons remarquer que les intentions affichées par le gouvernement en matière de transition énergétique et de rénovation des logements seront confrontées à l'insuffisance qualitative des petites structures d'exécution.

Nous disposons d'un important capital de savoir-faire de haute compétence. Mais il est dispersé dans nos petites entreprises, au sein de l'artisanat et au titre de travailleurs indépendants.

Pris isolément, ces professionnels rendent de grands services dans leur domaine de compétence. Mais force est de constater qu'ils sont souvent dépassés quand ils se risquent à entreprendre seuls des travaux multi services ou à en assurer la maîtrise d'œuvre.

C'est ainsi que l'on peut voir un électricien proposer d'ouvrir un chantier de peinture, un maçon équiper une salle de bains, un chauffagiste ouvrir de grands yeux quand on lui parle de régulation par courant porteur, un carreleur se risquer dans la plomberie, un couvreur élaguer des arbres et partir en courant si on lui parle de capteur solaire...

L'imbrication et la complexité croissante des techniques imposent soit une polyvalence individuelle difficilement accessible, soit une augmentation de la taille des entreprises rendue impossible par les contraintes que le législateur semble se plaire à mettre sur les chemins de leur croissance.

Comment dans ces conditions pourrait on faire des études, des projets, de la coordination de l'exécution, du contrôle de qualité, pluridisciplinaires, sans faire appel à une grande entreprise ? Mais les grands donneurs d'ordres et les grandes pêcheries ne s'intéressent guère au fretin.

Il manque une taille intermédiaire dans la dimension des entreprises, et dans la gamme des prix pour conduire, à bonne fin réaliste, rêves et promesses des politiciens.

Pour ne pas rester velléitaire , cette augmentation, nécessaire à la croissance économique et aux objectifs énergétiques et immobiliers, appelle des recrutements, des formations, une organisation et une réduction des contraintes. Rien de ce qui est nécessaire ne peut surgir par génération spontanée.

Mais allez expliquer tout cela à des doctrinaires de l'étatisme qui ne voient les entreprises qu'à la lumière des levées fiscales.

Et voici que par la communication gouvernementale on prépare le bon peuple à la suppression du taux réduit de la TVA sur les travaux immobiliers sous prétexte de leur inefficacité.

Quiconque a entrepris de faire réaliser chez soi quelques travaux sait qu'il faut avoir une bonne dose de civisme pour résister aux attrape-mouches de la fraude à la TVA. Pourquoi payer la TVA à taux réduit quand on vous propose d'escamoter la TVA en sa totalité ?.

Ce qui est inefficace c'est la lutte contre la fraude ! La fraude est un sport national qui vient sans doute avant le football par le nombre de ses pratiquants. Elle est riche de combines. Seule la crainte de faire des prosélytes me garde de la cruauté d'en dresser le catalogue.

Il est faux de dire que l'on a tout essayé. Et s'il fallait supprimer quelque-chose en notre bas monde ce serait plutôt la totalité de la TVA sur les travaux dans les logements pour en faire une vraie priorité. Peut-on trouver une autre mesure qui participerait d'autant d'objectifs affichés, sans passer par la machinerie étatique au rendement aussi médiocre que celui de la machine à vapeur. (Rénovation de l'habitat, transition énergétique, loger tout le monde, ranimer l'économie, développer l'emploi, réduire le chômage, réduire le travail clandestin.)

Mais il faudra que quelques braves se lèvent pour en arriver là.

Nous chanterons alors tous en chœur. Pour la rime et dans la joie :

Gloire aux BRAVACHES ! Et vive L'ÉNARCHIE !

Pierre Auguste

Le 29 août 2018

 

 

 



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