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Nos ancêtres les Virus

Nos ancêtres les Virus

Il ne faut pas trop médire de nos ancêtres. Même s'ils nous paraissent un peu trop primitifs. Tout change en ce bas monde et d'abord l'idée que nous avons de nous-mêmes et de nos origines.

J'aimais bien Adam, Ève et l'histoire de leur rencontre. Les confesseurs et les anthropologues ont un peu écorné leur image. Je trouve trop sévère la sanction de les avoir rétrogradés dans les arbres généalogique.

Un certain Darwin a substitué un primate à Adam sans même songer à lui donner une épouse.

Longtemps nos compatriotes se sont consolés de l'anonymat de leur ascendance en chantant leurs ancêtres les Gaulois avec le bien nommé Salvador.

Il fallut attendre plus d'un siècle pour rendre sa juste place à la femme en la personne d'une incertaine Lucy qui fut un temps notre grand-mère à tous. Comme on dirait en ma Lozère natale, je trouvais ma nouvelle Mamette un peu trasse. (Malingre, frêle). Les apparitions et éclipses de la femme dans l'histoire révèlent un insupportable machinisme machiste.

Nous savions déjà que les virus envahissent épisodiquement la terre pour tourmenter, gâcher et écourter des vies humaines. Voilà le dernier virus couronné. Personne ne l'attendait. Expert ou profane, chacun a son avis sur son origine et sur la conduite à tenir pour l'arrêter ou en réparer les méfaits.

Les débats que suscite le dernier intrus sont nombreux, interminables passionnés. Les uns y voient le fruit amer d'une conspiration, les autres y soupçonnent la main maladroite de quelque auxiliaire de laboratoire, d'autres encore y devinent une indiscipline à des fins commerciales mal maîtrisée. Le pouvoir défend la thèse d'une cause naturelle, spontanée accidentelle non renouvelable.

Chemin faisant nous en apprenons de belles sur notre hérédité. Il y aurait en chacun de nous quelque virus, quelque gène, quelque fragment d'ADN, qui sommeillent ou influencent notre comportement en secret.

Si l'être humain est malfaisant c'est à ses ancêtres les virus qu'il faut le reprocher.

L'homme croyait être le produit d'une lente amélioration technologique engendrée par une ingénierie de complexité croissante. La science tendrait à prouver qu'il n'est guère que le résultat d'une miniaturisation physique à l'envers combinée avec une perversion croissante héritée d'une infinité de virus.

Les plus savants n'y voient qu'une hypothèse qu'il reste encore à vérifier.

N'en déplaise à Lucy, ce serait ainsi que nous sommes tout aussi grégaires, toujours plus voraces, plus grands, plus massifs, plus méchants et plus bêtes.

Une vérité semble déjà sortir de l'épisode qui journellement nous harcèle. On ne saurait traquer la bébête qui monte sans un minimum de hauteur de vue.

Pierre Auguste

Le 22 avril 2020

 

 



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