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Mondialisme. Vers une théorie de la subsidiarité générale ?

Mondialisme. Vers une théorie de la subsidiarité générale ?

 

Il y a quelques années on édifiait les citoyens en leur expliquant le principe de subsidiarité qui présidait au partage des tâches entre l'Europe et les états nations. Hommes et structures apprenaient à vivre ensemble.

L'énoncé du principe de subsidiarité est plus aisé que son exécution. L'augmentation du nombre des états membres et l'élargissement des domaines concernés ont vite compliqué le fonctionnement de l'union européenne. C'est ainsi que se forma une sorte d'univers en expansion disposé à tout absorber à la manière d'un trou noir.

Dans le même temps le monde est devenu encore plus fou. Plus il s'unifie, plus il se divise. Il aurait maintenant besoin qu'un sauveur redéfinisse les principes de son organisation. Il y faudrait une sorte d'Einstein, fou.de politique, qui nous ferait passer du principe de la subsidiarité restreinte à celui de la subsidiarité générale.

Que l'on se rassure, je ne suis pas candidat à l'emploi. Je ne suis pas assez fou. Je me livrerai toutefois ici à quelques vaticinations.

Le principe de subsidiarité commande que les responsabilités et les actions soient dévolues au niveau d'organisation le mieux placé pour les assumer.

On a beaucoup débattu pour faire ce partage entre le niveau national et le niveau Européen. L'esprit de dispute et la pratique de la défausse ont trouvé dans l'organisation européenne un vaste champ de développement des contradictions.

Feignant d'oublier que la commission est chargée d'appliquer les mesures décidées par le conseil, donc par eux-mêmes, les dirigeants nationaux rejetaient sur l'Europe les causes des mécontentements des citoyens. C'est tellement plus facile de dénoncer les lourdeurs collectives que d'y remédier ! L'enfer, c'est les autres.

L'union européenne était elle-même enserrée dans une nébuleuse d'accords mondiaux ou multilatéraux et de structures diverses dont les finalités et les modes de fonctionnement n'étaient connus que de quelques spécialistes.

Malgré des succès obtenus en certains domaines, comme l'aéronautique commerciale et l'industrie spatiale, l'Union Européenne s'est souvent fourvoyée dans des normalisations et des contrôles, sortant du cadre des traités. Il en résultait des ingérences dans la gouvernance des états.

Il était donc naturel que les citoyens ressortissants européens se soient longtemps sentis éloignés des structures, exclus des procédures de concertation et aient perçu l'Europe et le monde comme des monstres froids générateurs de contraintes

Il était fatal que des ambitieux exploitent ce rejet le la supra nationalité par une fraction de l'opinion de chacun des pays pour tenter une percée électorale bizarrement fondée sur un front nationaliste international !

La logique partisane ne s'embarrasse pas de logique formelle.

Voilà donc engagées des guerres sans merci entre le dirigisme et le libéralisme, entre l'ouverture et la fermeture, entre les régionalismes et les nationalismes, entre l'européanisme et le mondialisme.

En chaque pays se développent de bonnes raisons, tant au niveau des partis qu'à celui des structures législatives et administratives, de refuser toute adhésion à un ensemble géographique globalisé ou à tout système économique transnational spécialisé qui serait indéfini, évolutif, soumis à des financements incontrôlables.

Une double évolution apparaît nécessaire pour sauvegarder l'institution hors de laquelle chacun des peuples européens subira l'intransigeance des intérêts et la rudesse des relations internationales.

Il est utopique d'espérer appliquer le principe de subsidiarité à tous les niveaux de gouvernance et d'organisation administrative qui inclurait en un tout cohérent notre mille-feuille national avec son entrelacs de responsabilités, l'union européenne et l'ensemble des structures internationales. Il existe certes des domaines pour lesquels la convivialité internationale est assez satisfaisante comme les domaines sportifs, la circulation maritime ou aérienne. Mais quand on considère les dégradations de l'environnement, les variations climatiques, les action de l'ONU dans le règlement les conflits internationaux ou interethniques, les migrations qui en sont la conséquence, on peut craindre que de nombreux problèmes resteront encore longtemps irrésolus et sources de conflits. Les grands n'aiment guère voir grandir et s'organiser les petits .

Camarade citoyen tu portais déjà le subsidiaire. Prépare-toi à coltiner l'essentiel.

 

Pierre Auguste

Le 14 novembre 2018

 

 

 

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