Enligne : Editos

Les Grands Mots au secours des Grands Remèdes

Les Grands Mots au secours des Grands Remèdes

 

Pour exister, nos élites se pressent sur les plus hauts degrés du vocabulaire. S'ils en descendent c'est pour plaire à quelque hiérarque ou à la vox populi qui aime tout savoir sans avoir à apprendre.

Moi qui pourtant me plais à interpeller les grands au second degré, je tente de hisser mes mots jusqu'à leur niveau. Tant pis si je porte ombrage à ceux qui croient avoir tout appris en leurs prestigieuses écoles.

Nous vivions en un temps où notre système de gouvernance et d'administration triomphant« que le monde entier nous enviait ». Il a suffi d'un virus exotique pour le mettre en état de faillite sans autre remède que le confinement et l'annihilation. Le voilà maintenant placé entre deux sociétés, la rouge et la verte, qui appellent les dirigeants de toutes natures a diffuser, à son de trompe médiatique, des professions de foi quelque peu différentes et même en certains points concurrentes.

Certes , il peut être nécessaire de différencier les actions applicables à chacune des fractions du territoire. Il peut être utile de distinguer deux ou plusieurs zones justiciables de mesures de mise à niveau et de calendriers différents.

Je ne veux intenter nul procès d'intention. Mais je dois dire que je suis surpris par le détachement apaisé qui préside à l'énoncé du « palmarès » ravages du virus Codi-19.

Il apparaît désormais répétitif, banal et somme toute acceptable de faire passer de vie à trépas une part importante de la population.

Faut-il y voir l'augure d'évolutions contraires à toute éthique et à toute humanité ?

Voudrait-on préparer la société à alléger son fonctionnement et son économie en abrégeant la vie des personnes âgées, des malades, des handicapés et autres individus manquant d'autonomie et de productivité ?

Les grands mots viennent toujours au secours des grands remèdes déficients.

Ce ne sont pas les discours officiels riches en non-dits, en figures rhétoriques, en hyperboles et en litotes, qui pourront me rassurer.

Si « Toutes choses atroces commencent par l'innocence (Ernest Hemingway) », toi camarade citoyen, qui es aussi peuple souverain, tu dois toujours savoir, en toute chose atroce, où commence ta culpabilité.

Pierre Auguste

Le 13 mai 2020

 

 



584