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Le Changement et le Change

Le Changement et le Change

 

Les Français étaient nombreux à vouloir le changement. Les ambitieux le leur ont promis.

Nous avons ainsi été enfiévrés par un accès de « dégagisme ». Comme jadis au carnaval nous avons vu se renouveler le défilé des grosses têtes.

Très vite, le bon vieux peuple a eu le sentiment qu'il n'avait pas gagné au change.

Sur une idée bien féminine, le citoyen a revêtu à des fins plus utiles le gilet jaune que la loi l'obligeait à promener, pour sa sécurité, au fond du coffre de sa voiture.

Une bonne année fut ainsi consacrée à la promotion de la modification du changement. Toutes les matrices qui encagent notre société durent repasser au gabarit.

En veux-tu ? En voilà. Telle semblait être l'idée directrice qui allait nous propulser en même temps vers tous les azimuts enchanteurs. Les éléments de la vie nationale allaient faire l'objet d'une classification assez générale pour ne pas être désavouée par les émules de Mendeleïev et d'Einstein.

Le droit du travail, les retraites, les grilles indiciaires, les agrégats économiques et fiscaux, les nomenclatures professionnelles et les bonnes mœurs allaient se normaliser, s'aligner, s'engrener, coopérer comme un pur produit de l'ingénierie nationale dont les industries aérospatiales sont les butes témoins.

Le train des réformes passait et repassait sur les plaques tournantes des médias en sifflant cinq fois. Au temps des intentions, au temps des cogitations, au temps des retouches, au temps des retraits, au temps des regrets.

Mais le révolutionnaire est un pauvre amnésique. il n'est rien de pire pour lui que le temps des pandémies qu'il croyait révolu.

Il a suffi que, du fond de quelque boîte de Pandore, s'échappât quelque minuscule amas graisseux pour mettre à mal la santé, les projets et les moyens d'existence de l'humanité entière.

Nos misérables amateurs de munificence gouvernementale n'ont pas vu venir « le coup ». Ils le croyaient impossible. Ils se sont empressés d'en retarder l'annonce, d'en minimiser les ravages et m'ont laissé le soin de me dépatouiller avec ce pseudo animal.

Plus j'écoute ce qu'on me dit de ce fichu virus et plus je rétro inspecte mes entrailles, plus j'ai le sentiment d'en avoir été, dès le début de décembre 2019, la première victime !

Et je crois ne devoir ma survie qu'à ma virulence supérieure.

Ô, dirigeants sublimes, « Parlez-moi d'amour, redîtes-moi des choses tendres ! Votre beau discours, mon cœur n'est pas las de l'entendre... »

Pierre Auguste

Le 27 mai 2020

 

 

 

 



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