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Gouvernance. Du travail pour Hercule alias Héraclès

Gouvernance. Du travail pour Hercule alias Héraclès

 

Le vingtième siècle a été marqué par un déferlement des applications de la science.

L'exploitation de l'énergie nucléaire, le développement des moyens de transport, notamment aériens, la naissance de l'exploration spatiale, les progrès de la médecine, la multiplication des usages de l'électricité, l'avènement de l'informatique, la banalisation de la transmission des informations, la multiplication des moyens de production et de diffusion des sons et des images, la genèse du réseau Internet en sont autant de preuves. L'interfécondité des disciplines a renforcé les effets de chacune. Il n'y a guère que les ennemis impénitents du scientisme pour le regretter.

Le retour à la nature et les sarcasmes de Voltaire qui accusait Rousseau de vouloir marcher à quatre pattes sont encore aujourd'hui en opposition résolue Certes l'être humain doit s'interdire de détruire « le grain de sable sur lequel il est assis ». Il doit pour cela s'inspirer de ce vigoureux précepte étonnamment sorti de la tête et non de la panse de notre bon vivant Rabelais : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. »

Il est inapproprié d'imputer aux scientifiques la responsabilité des applications abusives ou dangereuse que peuvent faire les êtres humains des découvertes, des connaissances et des acquis de la science.

Ce que ces aberrations ont vicié, seule la science et non l'humeur des hommes pourra y porter remède.

Mais nul ne peut empêcher les doux et inconscients rêveurs de vouloir s'abstraire du monde physique duquel l'humanité entière, grasse ou maigre, doit extraire, chaque jour les expédients de son existence, et à long terme les moyens de sa survie.

Il ne serait pas nécessaire de chercher bien longtemps pour trouver dans l'entrelacs de nos difficultés nationales des analogies avec chacun des douze travaux qui ont fait la gloire d'Héraclès et de son alter ego Hercule.

La charge globale qui s'impose à l'ensemble de nos dirigeants est apparentée à l'Hydre de Lerne. Mais ce serait trop facile de la tuer. Il s'agit de faire perdre l'habitude de chacune des ses têtes, qui repoussent quand on les coupe, de croquer chacune de ses queues et de pas vouloir en démordre.

La concentration des activités tertiaires a urbanisé les activités de direction. L'excentration, l'expatriation ou la disparition des activités industrielles ont dispersé l'habitat et accru les besoins de transport. Le développement des transports collectifs linéaires, est devenu inapte à assurer des transports point à point entre un habitat et des emplois dispersés.

L'écologie mise sur la réduction de la consommation de l'énergie carbonée par la rénovation des systèmes de chauffage et par l'isolation thermique des bâtiments privés et publics qui doivent passer par le laminoir budgétaire. Les contribuables paient pour savoir qu'en leurs très riches heures les ducs de Bercy ont les dents longues quand il s'agit de prélever et qu'ils ont les maxillaires tétanisés quand il s'agit de démordre.

L'écologie ferme la ronde des belles dents en misant aussi sur la motorisation électrique cependant qu'elle mord la queue et dans le gras de la production de l'énergie électrique nucléaire.

Coupez la tête de notre omnipotente hydre préférée, il lui poussera d'autres belles queues surnuméraires à mordre. Nos dirigeants de tous bords trouveront tout le mordant nécessaire à l'action, en saisissant sur leur clavier le code magique de la clé du succès : 49.3.gouv

Ami lecteur en cherchant un peu dans la liste de ses exploits, tu pourras demander à Hercule de conduire à bonne fin quelques autres menus-travaux.

Augias n'a qu'à bien se tenir.

 

Pierre Auguste

Le 4 mars 2020

 

 



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