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Fiscalité et finances publiques

FISCALITÉ ET FINANCES PUBLIQUES


Sous le Pont Mirabeau coule la Seine. Sous le Pont de Bercy aussi.
Les dieux de la fiscalité et du budget méditent au fil de l’eau sur les plages de Lutèce.
Comme les philosophe grecs ils s’interrogent, comme les pythies on les consulte. Afin de savoir combien il faut de grains de sable pour faire un tas de sable.
Ces orpailleurs brassent du sable pour trouver les pépites réclamées par les enfants de la patrie qui veulent construire petits ou grands châteaux en Espagne
Sans doute les penseurs émérites ont-ils de grands desseins pour en faire l’adduction et la distribution
Ils distillent à grands feux et à petits trains et annoncent d’autres projets qui effarouchent ceux qui paieront la facture. Il leur serait plus facile, moins coûteux mais inhabituel de prélever dans le pactole des flux financiers.
Chaque contributeur, chaque contribuable potentiel, se sent menacé, crie son désespoir à titre préventif, met tout en œuvre pour conserver ses éventuels acquis ou acquêts.
Cela donne quelque souci aux communicateurs et leur fait obligation de déployer d’immenses efforts pour fractionner et dorer les pilules. C’est ainsi que la taxe carbone n’est pas un nouvel impôt car elle sera redistribuée. Elle va abonder le grand chaudron des recettes et dépenses publiques. Sans être un impôt. Salut les artistes ! Les bonnes œuvres sociales et la bonne communication assurent les réélections.
Le citoyen est supposé moyen, un, indivisible. Il est sommé d’être content.
Ainsi va la République, divisée et plurielle, cohérente et logique, conséquente et yogique*. En ses méditations, en ses actes, en ses discours !
L’observateur attentif et le penseur non patenté voudraient quelques perspectives sur la destination de l’esquif national. Ils conçoivent qu’on ne puisse tout dire du mouvement des éléments de la flotte mondiale, ni de notre position, de notre cap, de notre itinéraire. Mais ils s’accordent à dire estimer que des explications manquent pour donner à l’équipage et aux passagers quelque idée de la manœuvre, de la répartition des quarts et des tâches. Sur le pont et dans la salle des machines.
À bâbord toute ! À moins que ce ne soit à tribord. En avant toute ! À moins que ce ne soit en arrière.
La marine de haute mer est en délicatesse avec la démocratie de crise.
Tantôt on annonce la réduction des impôts alors qu’on s’apprête à lancer un grand emprunt et que s’envolent charge de la dette, promesses, impôts locaux et régionaux.
Tantôt on claironne que la taxe professionnelle va être supprimée tandis que des bataillons montent au créneau pour la conserver.
Tantôt on parle d’assiettes sans dire ce qui remplacera l’assiette au pétrole qui fut et reste la vache à lait d’un état gérant d’un pays issu de la ruralité.
Tantôt on inscrit au menu une assiette écologique. C’est bon pour trouver de l’argent, délicat à partager, trop peu pour rafraîchir le monde, efficace pour échauffer les esprits.
Tantôt on murmure à l’oreille du contribuable moyen, qui n’est pas un mauvais cheval, que l’on va procéder à un transfert de fiscalité. On se garde de préciser à chacun sa part et la croissance des prélèvements futurs.
Tantôt on menace le contribuable rétif de lui passer le mors pour arrêter ses gambades et ses ruades.
Tantôt on parle de contributions supranationales. L’idée d’un impôt Européen est une épée de Damoclès qui fait lever les boucliers.
Il est normal de fractionner les difficultés mais tout cela manque un peu de globalité, d’harmonie. Et de mesure de toutes parts. Il y a trop paroles et de porte-parole, trop d’agitation, trop d’annonces et contre-annonces pour que la sérénité règne à bord.
À chaque alarme, le grand timonier prend le porte-voix pour annoncer que rien n’est décidé et que tout le sera en temps opportun. Pour que naisse le meilleur des mondes.
Le lecteur l’aura compris. Ceci est une requête pour n’être pas condamné aux galères en ce bas monde. Une supplique pour n’être pas enterré vivant sous les sables de Bercy

Pierre Auguste

Le 9 septembre 2009


*Relatif au yoga, à sa pratique. (Le trésor de la langue française)



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