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En finir avec le porte-parole et le porte-plume

En finir avec le porte-parole et le porte-plume

La république est en quête d'économies. Ses dirigeants ont pris la douce habitude de déléguer à des fonctionnaire les tâche difficiles. Rien n'est plus difficile pour le chef que de fixer sa pensée et de la formuler afin de la rendre compréhensible.

Toutes les institutions sont pourtant vouées à cet exercice mais ne suffisent pas à la tâche. C'est ainsi que s'est accru au cours des âges le nombre de ceux qui parlent, écrivent, débattent, au nom et pour la gloire des chefs .

Les unités qui mesurent la productivité des exécutants sont la tonne de papier, le nombre de décibels, les temps d'antenne, les kilowatts restitués à l'univers sous forme d'énergie thermique.

Notre république ne manque pas de structures démocratiques pour servir le peuple. Elle vient pourtant de mettre à l'épreuve un nouveau mode de représentation en rassemblant au hasard des citoyens pour dire le beau et le bien en ne connaissant rien aux problèmes que le pays doit résoudre.

Si j'eusse été consulté j'eusse proposé de mettre fin à cette pratique séculaire des dirigeants de se défausser de leurs travaux en mettant tout sur le dos du pauvre peuple.

Si un chef a quelque chose à dire, il devrait s'imposer de la dire ou de l'écrire lui même. Si au contraire il n'a rien à dire il serait bien inspiré de se taire. Je vois dans cette simple règle de conduite des possibilités de gagner du temps, de diminuer le nombre des incohérences et des décibels, de réaliser d'importantes économies.

Jadis la principale règle de l'éloquence consistait à dire ce que l'on va dire, à dire ce que l'on à dire et de rappeler ce que l'on a dit.

Ce nos jours, le travail collectif complique les choses. On ne sait jamais ce qu'on va dire. On annonce qu'on va dire quelque-chose. On laisse entendre que l'on va peut-être tire telle chose ou peut-être telle autre. Et après le discours nul ne sait ce qui fut dit.

Et c'est ainsi que naissent, prospèrent, se propagent, se multiplient les couacs et les débats.

Je propose de multiplier et d'allonger les minutes de silence.

Pierre Auguste

Le 1er juillet 2019

 



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