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Et maintenant, que faut-il faire ?

ÉCONOMIE. ET MAINTENANT, QUE FAUT-IL FAIRE ?

 

 

 

Nous en sommes au temps des adjectifs. Si l’on en croit ces prothèses sémantiques, la crise actuelle est d’une exceptionnelle gravité. Elle appelle un redressement productif, une morale laïque, une présidence normale. Les ambitions généreuses et légitimes imposent de prendre d’extrême urgence des mesures énergiques ayant fait l’objet d’un tri sélectif. Les contrats de génération et les emplois d’avenir produiront une économie positive et responsable

Camarade citoyen, et toi ami politicien, il ne s’agit plus de répondre aux défis par adjonction de mots. Après le déni de la crise, il faut maintenant en sortir par des actes.

Pour que le fond reprenne le pas sur la forme, il faut organiser la réflexion et agir en fonction des problèmes, et non selon des objectifs doctrinaux omnibus.

Le chômage et la crise du logement sont en suspens. Ils sont liés entre eux pour chaque individu, et donc pour la collectivité. Les difficultés y sont tellement imbriquées que nul ne sait par où commencer.

La promotion professionnelle et la promotion sociale sont deux volets d’un même problème de mobilité et de fluidité. La double aspiration à un emploi et à un logement devrait être un moteur du renouveau qui s’accommode mal de mesures dispersées.

Certes, toute solution passe par là formation dont les effets sont différés par nature. Il faut donc s’y atteler sans tarder. Mais pour endiguer les impatiences il importe, en tout premier lieu, de résorber les blocages du recrutement et des projets, de réduire la viscosité qui freine la circulation, du bas vers le haut, dans l’emploi et dans l’immobilier.

Là devrait s’arrêter le discours, commencer l’action, s’orienter une politique.

En ces temps où personne ne veut recevoir de leçons et où la viscosité paralyse bien des cerveaux, il n’est pas inutile d’enfoncer le clou. Il ne s’agit pas ici de prétendre pourvoir à tout mais d’interpeler ceux qui ont des certitudes. En commençant par l’immobilier.

Qu’est-ce un logement social ? On peut avoir de cette appellation une idée différente selon que la classification est établie sur la base des régimes de la propriété, des modes locatifs, ou des catégories de locataires. Taxer comme un produit de luxe ce qui concourt à la satisfaction d’un besoin essentiel est contraire à toute logique. C’est une pratique de gribouille de faire payer l’impôt au moins fortuné en bout de chaîne, de dissuader l’investissement privé dans le logement locatif, de contribuer ainsi à augmenter le prix des loyers en insérant un goulet d’étranglement dans la production de l’offre.

Qu’il s’agisse de construction, de rénovation, d’entretien, de mutation ou de succession, le bon sens devrait conduire à penser tout autrement la politique fiscale. Cela peut paraître paradoxal, et révulser les bonnes âmes, mais la satisfaction des besoins des plus pauvres, suppose un mouvement d’ensemble vers plus de richesse !

Cette politique d’augmentation des stocks, des flux et de la qualité de l’habitat nécessite la neutralisation des freins fiscaux, notamment sur les travaux. dans une large mesure, une telle approche est extensible au marché de l’emploi. Et d’abord parce que le secteur immobilier est générateur d’emplois, non seulement dans la construction mais aussi dans la production des fournitures, des produits, des outillages, des apparaux, des savoir-faire, des services qui lui sont nécessaires.

Pour réduire les risques de leurs blocages mutuels, les« flux » du recrutement et les « flux » du logement doivent reposer sur des « stocks » suffisants et adaptés aux conjonctures sectorielles, sociales et géographiques.

Tout ce qui tend à désadapter ces situations, déséquilibre deux systèmes qu’il faut découpler dans toute la mesure du possible. Le marché immobilier et le marché du travail ne sauraient toutefois être organisés et vivre séparément.

Et voilà que, pour ligoter le tout, s’annoncent les contrats dits « de génération » qui risquent de rigidifier encore l’embauche par le couplage de l’emploi des jeunes et celui des anciens. C’est une vision passéiste de l’économie qui fait présupposer l’existence de liens, opérationnels et pérennes, entre emplois d’hier et emplois de demain.

Et si nous commencions par regarder en face, et les hommes et les choses de la vie !

 

 

 

Pierre Auguste

Le 26 septembre 2012

 

 

 



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