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Dépendance.1/4 Des intentions aux réalités

Dépendance.1/4 Des intentions aux réalités

Nos communicants politiques annoncent désormais à tous vents leur intention d'accompagner les malheureux. Ils font penser à cette antique secte des Pharisiens qui survit et sévit encore aujourd'hui.

 Selon Alain, le « Pharisien est un homme qui croit en Dieu, et qui croit que Dieu est content de lui ».

 Les dieux-élus d'aujourd'hui nous sont tombés de quelque Aventin partisan. Ils semblent avoir oublié qu'ils sont des hommes.

 Nos dictionnaires ont retenu que le pharisien est une « Personne qui, observant strictement les préceptes moraux, s'attache plus à leur formalisme qu'à leur contenu, et se donne une bonne conscience avec laquelle elle juge sévèrement la conduite d'autrui. »

 Alain a aussi écrit quelque part que les mots disent toujours plus qu'on ne croit.

 Le citoyen a une idée de ce que peut être l'accompagnement de la dépendance. Il existe déjà. Il.est plus musical que matériel, plus fallacieux que réel, entaché qu'il est par la complexité et la diversité des procédures et de la cuisine fiscale.

 Les aides émanent de tant de sources, sont soumises à tant de conditions de ressources, à tant de seuils, tant de plafonnements, à tant d'autorités et de commissions, que le récipiendaire s'y perd, ne sait par quel bout commencer, ce que seront ses  « droits », ni les temps de parcours pour arriver à bonne fin.

 Crédits d'impôts, Allocation Personnalisée d'Autonomie, Recouvrement partiels de TVA ont leurs exigences qui découragent les « ayant-droit ». Chacun peut y voir une complication d'une vie déjà douloureuse, une humiliation, une condamnation à la mendicité et qui renoncent à « solliciter » des compensations dont certaines sont modiques.

 Les jeunes gens qui nous gouvernent devraient se mettre quelques idées en tête, notamment celle selon laquelle la dépendance n'est pas qu'un malheur physique. C'est aussi une catastrophe économique qui fait sombrer dans la pauvreté nombre de ceux qui croyaient être à l'abri du besoin.

 Il serait temps d'abord que les pouvoirs publics mettent un peu de cohérence en leurs pratiques notamment en cessant :

 -de dépouiller les citoyens pour mieux les accompagner ;

 -d'en taxer un grand nombre par un brin de CSG au titre de la contribution additionnelle pour l'Autonomie dont ils sont privés par ailleurs,

 -de considérer les produits d'hygiène indispensables comme les protections contre l'incontinence en les taxant par une TVA applicable aux produits de luxe.

Il serait temps de diminuer le nombre des intervenants en mettant fin à ce mythe selon lequel telle administration serait mieux placée que telle autre pour connaître les besoins des citoyens.

 Il serait temps aussi d'admettre que sous couvert d'égalité la multiplication des seuils et des plafonds finit par générer de l’iniquité.

 Chapeau bas citoyen. Salue la compagnie !

 La compagnie est en marche et rien, sauf la réalité, ne peut l'arrêter.

 Le pouvoir nous annonce qu'il va désormais faciliter le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes. Ni l'intention, ni la pratique ne sont nouvelles. Avant d'aller plus avant dans un vaste programme, nous serions bien inspirés de consulter ceux qui se sont risqués dans cette louable aventure.

 Mais le pays du bon roi Dagobert a mis sa logique à l'envers. En sa belle maison, il commence les travaux avant d'en débattre. Il en débat avant de constater l'état des lieux.

 Et c'est ainsi que nous cahotons sur le chemin du progrès.

À Suivre.

Pierre Auguste

 Le 26 juin 2019

 

 

 



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