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De zéro à l'infini. La taille des entreprises.

De zéro à l'infini. La taille des entreprises.

 

Nous avons ici exposé les raisons pour lesquelles les objectifs relatifs à l'amélioration de l'habitat, à la transition énergétique et à la construction de logements ne pourraient pas être atteints. L'une des principales difficultés résultera de l'insuffisance en nombre et en compétences des entreprises de taille intermédiaire.

Nos pouvoirs publics veulent donner de l'élan à la construction. Nous observerons les résultats de leur loi ELAN qui montre leur propension à plus se préoccuper de procédures que d'exécution. En notre pays nous sommes plus habiles à construire de nombreuses belles formules verbales que de nombreux beaux logements.

Il faut de tout pour faire un monde. Le monde économique n'échappe pas à la règle.

Il y a des entreprises de toutes tailles. Mais nul ne sait les répartir ni même en préciser la répartition optimale. Ce qui est vrai pour le logement, l'est aussi pour l'économie en son ensemble.

L'économie est unes espèce de bateau ivre que nul ne pilote. Les uns comptent sur les lois du marché comme s'il s'agissait d'un pilote automatique mis au point et entretenu par quelque Dieu Hermès juché sur quelque Olympe.

D'autres, imbus de leur supériorité intellectuelle labellisée, forts de leurs prétentions et animés par leur supplément d'âme, croient pouvoir tout régenter dans les moindres détails et tout répartir avec équité.

Dans l'immensité de leur entre-deux, les gens ordinaires naviguent comme ils peuvent. Chacun tente de ne pas ajouter sa propre misère à toutes les misères du monde.

Les entreprises ont des histoires diverses. Toujours nées d'initiatives individuelles et conjoncturelles, elles ont souvent été reprises et développées par des collectivités, habiles à récupérer le travail d'autrui, et jalouses défenderesses de leurs « acquêts ».

Même les belles initiatives des pouvoirs publics germent en quelque cerveau singulier. C'est ainsi que l'on voit les reflets de notre roi soleil et de sa galerie des glaces dans notre industrie verrière d'aujourd'hui.

Les activités et les métiers sont souvent nés dans les campagnes et les montagnes comme l'ont montré les forgerons, les fileuses, les tisserands, les laitiers, les fromagers, les artisans de l'horlogerie.

L'enclume et le marteau, la quenouille et le rouet, le métier à tisser, la faisselle et le pénicillium roqueforti, le ressort spiral, le balancier et l'échappement ne sont pas des œuvres de bureaux d'étude, ni le résultat d'appels d'offres. !

Le progrès technique, le savoir-faire financier, l'esprit d'organisation se sont unis pour entretenir une dynamique par laquelle toutes les activités évoluent pour satisfaire le consommateur qui oublie qu'il est aussi producteur et fait son propre malheur par ses exigences.

Les gens intelligents organisent la société à leur profit. Ils la compliquent pour être seuls a en comprendre les mécanismes. Ils misent sur les désirs des consommateurs pour asservir les producteurs en plafonnant leurs droits par des portions congrues.

Les agriculteurs nourrissent tous ceux qui consomment. Au train où vont les choses, ils ne tarderont pas à mourir de faim !

Nos dirigeants alternes semblent hantés par la peur d'enrichir les citoyens. Écoutez leurs discours. Ils y proclament leur intérêt pour les entreprises de toutes tailles. Mais tous comptes faits, ils caressent les grandes entreprises qui leur inspirent en secret le rêve de porter un jour de belles pantoufles. Les syndicats rêvent plutôt de pénétrer les petites entreprises afin que nulle n'échappe à leur emprise. Ils sont jaloux de leurs acquis.

Des années durant, les uns et les autres ont de fait uni leur génie pour limiter le nombre et la taille des entreprise par des contraintes administratives et fiscales. Au delà de chaque seuil s'infléchissent les tailles des entreprises et le volume de leurs effectifs.

« Trop d'esprit nuit à l'esprit ». Au delà de certains seuils de suffisance, l'intelligence ne veut plus rien savoir. Elle s'embrume et se désengrène.

Qui le dira si je n'ose le dire ?

 

Pierre Auguste

Le 5 septembre2018

 

 

 



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