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L'alchimie du carbone ( suite )

L’ALCHIMIE DU CARBONE (SUITE)

Les partis politiques sont malheureux.
Ceux qui sont dans l’opposition enragent de ne pas exercer le pouvoir. Ils s’opposent pour exister. Ils tirent sur ce qui bouge. Et sur ce qui ne bouge pas.
Ceux qui sont dans la majorité enragent d’être empêchés de gouverner. Ils tentent de réformer tantôt à la hussarde, tantôt à la grognarde, tantôt à la roublarde.
Il y a plus de majorités et d’oppositions que de niveaux d’administration. Et il y a autant de niveaux d’administration que le citoyen peut en honnir.
Résultats : la vie politique, c’est la guerre incivile. L’intérêt général est le faux-nez d’intérêts particuliers. Et pendant ce temps, les réalités s’imposent, les difficultés s’accumulent, les problèmes se compliquent, les solutions se font attendre.
L’humanité est insatiable. L’habitabilité du « globule » qui nous porte est menacée par le surpeuplement global, par la désertification, par la désertion des zones arides.
Les terres flottent sur une pâte molle chauffante, baignent dans l’eau. Les mouvements relatifs de la terre et du soleil mettent en mouvement nos fluides vitaux, rythment notre vie. L’air et les vapeurs qui enveloppent les continents et les océans échangent avec l’univers, et reçoivent du soleil, des rayonnements qui ne sont ni constants ni isotropes.
Les convexions du magma, la dérive des continents et du magnétisme terrestre, les variations de l’ambiance cosmique, nous sont imperceptibles, peu mesurables, difficilement interprétables.
Les climats ont varié bien avant que l’humanité se soit mise à produire intensivement des gaz à effet de serre. L’histoire des hommes, de la planète et de l’univers nous engage pourtant à ne rien négliger. Causes naturelles et interventions humaines s’allient pour modifier les équilibres thermomécaniques qui régissent notre vie.
Une générale et complexe dérive affecte tout ce qui nous entoure. Il faut la comprendre pour en maîtriser ou au moins en endiguer les conséquences
Nos « sages » ont retoqué des mesures anti-carbone que, « dans sa grande sagesse », le législateur avait concoctées et que de folles oppositions avaient contestées.
La proclamation de l’inconstitutionnalité de l’inégalité fiscale est une nouveauté. Elle ouvre un vaste chantier qui va en appeler d’autres.
Déjà notre grand débat sur l’identité suffit à donner le vertige à ceux qui pesaient de tout leur poids sur le couvercle de la marmite où bouillonnent les problèmes irrésolus.
Le débat sur l’égalité fiscale ne manquera pas de s’étendre à l’égalité en toutes choses.
À lui seul, le magma fiscal nous promet bien des palabres.
Il faudra d’abord répondre aux questions de savoir si l’égalité fiscale doit se mesurer en termes de revenus ou de consommation, en valeurs absolues ou en valeurs relatives, globalement ou par catégorie de produits et secteurs d’activité. Irons-nous vers la spécialisation budgétaire ? Dans quelles mesures et en quelles actions conserverons-nous la vieille technique du grand chaudron ? Saurons-nous justifier et rendre intelligibles couplages et découplages des dépenses et recettes ?
À ces questions, il sera difficile d’apporter des réponses omnibus, globales comme les aime le jacobinisme, locales comme les aiment les féodalités politiques, institutionnelles et économiques. Et aussi viables dans les faits que brillantes en leurs principes.
Notre usine à gaz fiscale fonctionnait largement au pétrole. Quand nous serons tous descendus dans la rue pour réclamer chacun son dû, elle fera sans doute plus que jamais feu de tout bois.
On ne pourra sortir de l’impasse où nous sommes engagés sans faire payer à chacun ce qu’il doit et sans ménager des phases transitoires pour que chacun puisse s’adapter.
Cette fameuse taxe carbone doit être payée par les pollueurs. Il est normal que l’électricité en aie sa part, mais au strict prorata de sa production « carbonée ». Et à condition que nul n’en soit exempté. Il serait inégalitaire de l’y soumettre en totalité tout en faisant payer à elle seule les conséquences de ses pollutions spécifiques.
Souhaitons courage et inspiration aux producteurs des assiettes fiscales.
Formulons le vœu qu’ils n’oublient pas d’exploiter le gisement d’économies potentielles sur lequel la fonction publique et le monde politique sont jalousement assis.
Au fond de la boite de Pandore il ne reste que l’espérance. Les entreprises espèrent que ne soit pas enterré l’éternel débat sur l’assise de la fonction publique.
La taxe professionnelle était condamnée, la magie du vocabulaire la fit disparaître. Passez muscade ! Elle continue à être « appelée » par le fisc prodigue et conservateur !
Ô Égalité ! Quelles inégalités créerons-nous en ton nom ? Et quelles sottises reconduirons-nous en agissant comme si nous étions seuls au monde ?

Pierre Auguste
Le 6 janvier 2010



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