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Quelle chance !!!

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75 titanic ...“Je n’ai pas eu de bol”... Chacun a entendu cette expression au travail, à la maison, dans les médias, Que cache le plus souvent cette locution ?
Elle sous tend tout d’abord le résultat d’une action comportant des risques, perçus ou non. Ce résultat est identifié comme un échec ou un semi échec, plus globalement un écart entre les attentes et les résultats concrets obtenus.
Ceci peut provenir d’une erreur d’objectif ou bien d’une erreur de chemin emprunté pour atteindre l’objectif : de moyens mis en oeuvre. Certes, des événements intérieurs et extérieurs au périmètre de l’action peuvent interférer, mais il est de la responsabilité de l’initiateur de l’action d’étudier les risques par cercles concentriques...


 

 

Nous avons rédigé en avril 2013 un article sur la cindynique* : c’est une approche globale de la gestion des risques apparue en 1987. Elle résulte de l’analyse des causes communes des petites et grandes catastrophes afin d’en voir les points communs, d’identifier les signes qui préfigurent des accidents, de mesurer les conséquences potentielles, et de les contourner ou de les prévenir. Leur champ d’application touche autant l’individu, que toute organisation, qu’elle soit personnelle, entrepreneuriale ou gouvernementale.

 

Voici le résumé des 10 causes communes à tous les types de catastrophes.

Elles se regroupent en 3 familles : 4 causes culturelles, 2 causes organisationnelles et 4 causes managériales…

 

Les 4 causes culturelles sont :

-          - La culture d’infaillibilité (imaginer que le système que l’on dirige est invulnérable…)

-          - La culture de simplisme (imaginer que le système et ceux qui l’environnent sont simples…)

-          - La culture de nombrilisme (penser que l’ensemble des systèmes gravitent autour de soi et qu’ils se comporteront comme on a décidé…)

-          - L’absence de communication ( ce qui pourrait remettre en question les points qui précèdent…)

 

Les 2 causes organisationnelles :

-          - L’organisation est dominée par la gestion de l’action plus que par la gestion du risque (celui qui décide qu’on avance a plus de pouvoir que celui qui dit « on fait attention »)

-          - Les responsabilités sont diluées dans l’organisation (personne ne sera poursuivi personnellement sur les conséquences d’un échec)

 

Les 4 causes managériales :

-          - L’absence de retour d’expérience (ce qui compte est le mouvement, pas les conséquences du mouvement, donc on ne mesure pas les effets et ses dérives…)

-          - L’absence de procédures écrites conçues pour gérer le risque (puisque le plus souvent le risque n’existe pas…)

-          - L’absence de formation à la gestion du risque (idem…)

-          - L’absence de préparation à la gestion de crise… (bien que certains imaginent pouvoir faire n’importe quoi parce que ce dernier point est le seul parfaitement rodé…)

Lorsque ces 10 causes sont réunies, on est certain de la survenance d’une catastrophe, de son imminence  et de l’importance de ses conséquences… quand 1 ou plusieurs de ces critères aussi… tout est question de temps…

 

Observez votre comportement dans vos activités, celui de vos enfants, celui de vos subordonnés ou de vos patrons, celui de vos gouvernants...

Certains imaginent qu’ils ne craignent rien quand perchés sur une passerelle du bateau celui-ci ne risque de toucher l’iceberg que par le côté où ils ne sont pas.

Certains s’imaginent plus intelligents qu’ils ne le sont, ou que les autres sont moins intelligents qu’eux.

 

La notion de chance est ténue car le centre de la problématique est leur conscience du réel.

Celui qui parle de chance c’est qu’il n’a pas conscience du lien qui existe entre ses décisions et ses actes et les résultats qu’il obtient.

Ce faisant, et tant qu’il n’en a pas pris conscience, il se comportera en joueur compulsif, essayant chaque fois de “se refaire” jusqu’à ce qu’il ait de la chance.

Est-ce bien raisonnable ?

 

 

 

 

*Georges-Yves Kervern et Patrick Rubise, L'Archipel du danger : introduction aux cindyniques, Economica, Paris, 1991, (ISBN 2-7178-2061-2)